Élections 2007 : le changement s'imposera par les luttes

Ni dieu ni maître

Réflexions autour du Nouveau parti anticapitaliste (NPA)

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Il y a eu la chute du mur de Berlin et l'évanouissement des régimes communistes, il y a eu les chutes des tours à New York et le début de la guerre en Irak, tout cela sur fond de mondialisation et d'échec du marxisme-léninisme. En même temps, il y a eu l'émergence de manifestations géantes autour des G8, de mouvements sociaux revendicatifs, ouvriers ou étudiants, et même de luttes sociétales. Tous, sous des formes apparemment différentes, ont mis en œuvre des pratiques que l'on peut décrire comme libertaires à un moment ou à un autre, c'est-à-dire privilégiant l'auto-organisation et l'action directe. Si cette évolution réjouit les anarchistes, elle ouvre l'appétit à bien des généraux en mal de troupes.

Une place de libre à gauche

L'arrivée de Sarkozy au pouvoir a fait éclater une gauche qui ne s'était pas relevée de sa disqualification à la présidentielle de 2002, ni de son désarroi devant le référendum sur le Traité constitutionnel européen. La présidentielle de 2007, avec le « hold-up » de Royal sur le Parti socialiste, a fait éclater les structures politiques encore en place. L'appétit sarkozien assumé pour un pouvoir tous azimuts et le succès de sa tactique de débauchage ont eu pour conséquence de faire apparaître les organisations de gauche pour ce qu'elles étaient : des écuries de prétendants au pouvoir et seulement à cela.
Elles sont toutes en faillite. Elles ne sont pas discréditées par leur incapacité de gérer le pays, mais par l'absence totale de différence fondamentale entre leur programme et le tsarkozisme.
Le seul message que le PS et le PC comme les Verts sont désormais capables d'émettre est le suivant : « Gardons nos places à défaut d'en conquérir d'autres. » Il n'y a plus de programme politique, si tant est qu'il y en ait eu un.
Une place traditionnelle, celle que l'on nomme « tribunicienne », longuement occupée par le PC dans le passé, est donc à prendre. Ce rôle est tenu aujourd'hui par la Ligue communiste révolutionnaire. Jamais elle n'a été aussi importante et avec autant de personnes capables de tenir des débats. Jamais un leader trotskiste n'a été aussi haut dans les sondages : Besancenot est actuellement la principale personnalité de gauche à passer dans les médias bourgeois ; il est dans ce contexte le politicien le plus féroce contre Sarkozy.
La caractéristique fondamentale de la Ligue, c'est, à défaut d'être une organisation nouvelle, de rassembler un grand nombre de jeunes gens représentatifs d'une société où la classe ouvrière s'est diluée dans une multitude de sous-divisions sociologiques. Elle est en train de créer une « nouvelle orga » : le Nouveau Parti anticapitaliste pour affirmer cette image « jeune », « récente ». C'est l'une des clés de son succès.
Elle devient de fait la référence visible pour tous ceux qui, venant du mouvement contre le CPE ou bien contre le référendum européen ou encore des grèves sans débouchés, cherchent une issue « constructive ».

Un nouveau parti ?

Le PS n'offrant plus de perspective transformatrice de la société, la LCR pense avoir un créneau dans la recomposition de la gauche : celui délaissé par un PC toujours en crise. Cette vision traditionnelle de la classe politique et une pratique autoritaire au sein de l'organisation sont en fait les seuls restes de sa référence au trotskisme.
Pour le reste, elle vise à présenter un visage rénové à un public jeune qui n'a plus les références idéologiques des « anciens ». Les conséquences idéologiques sont la dilution de la contestation dans la référence « 100 % à gauche »; ce faisant, la LCR espère capter ceux et celles qui sont révoltés sans références idéologiques nettes. Dans ce cadre, le mot « libertaire » a la même fonction que « féministe » ou « écologiste » : il vise d'abord à rassembler autour du parti des pratiques qui existent de fait dans la société.
Dans ce contexte, nous ne pouvons pas ignorer les appels du pied répétés de Besancenot vers les anarchistes : ils sont évidents, et souvent explicites. La mise en avant de ses propres références libertaires, culturelles ou politiques (Louise Michel, les Béruriers noirs, etc.) s'accompagne de nets clins d'œil idéologiques. Il affirme ainsi la dimension individualiste comme déterminante dans sa propre réflexion ; Philippe Corcuff, qui est un des membres idéologiquement influents de la LCR aujourd'hui, ne cesse de mettre en avant l'héritage de Proudhon. Cela n'empêche pas la LCR de se référer aussi au Che, icône mondiale du modèle révolutionnaire. En oubliant de mentionner ses crimes, commis autant contre le peuple cubain que contre tous les autres révolutionnaires, dont les anarchistes.
Pour créer cette nouvelle organisation, les dirigeants de la LCR n'ont pas hésité à solliciter Alternative libertaire qui s'en est tirée par une pirouette : d'accord pour créer un parti anticapitaliste mais non à l'électoralisme.
Penser que cela pourrait être une opération sans lendemain serait ne pas voir la réalité.
Cette démarche doit nous alerter. L'objectif de créer un « parti révolutionnaire » qui serait un creuset de toutes les sensibilités révolutionnaires, du marxisme à l'anarchisme, n'est pas nouveau. Ces rassemblements ne se sont guère soldés par des réussites jusqu'à maintenant, même si les raisons des échecs sont diverses. En revanche, ils se sont toujours accompagnés de la neutralisation et de l'affaiblissement des forces libertaires au bénéfice des autoritaires.

Eux et nous

S'il peut sembler exclu de voir ce NPA participer un jour au pouvoir national, rappelons-nous pourtant la participation formelle de la LCR aux pouvoirs régionaux. Malgré cela, on peut s'attendre à ce que le slogan « Autogestion ! » redevienne d'actualité, de la même façon que les revendications écologistes sont devenues des mots d'ordre du capitalisme moderne. En effet, comment le capital ne souhaiterait-il pas avoir des ouvriers, des techniciens et des employés qui assumeraient volontairement sa loi d'airain ? Quand Philippe Corcuff cite Proudhon, il le fait dans le cadre d'un concept politique qu'il baptise du nom de « social-démocratie libertaire ».
Quand Daniel Bensaïd, autre mentor de la LCR, critique les positions de John Holloway, il dénonce en fait les conceptions antiétatistes libertaires. Il les qualifie de « fétichisme » ou « d'illusion symétrique » au socialisme étatique et dont « les ultimes conséquence seraient ce paradoxe libertaire de l'individualité absolue dressée contre "la tyrannie de l'entraide" et contre toute forme d'organisation collective ».
On touche alors du doigt ce qui fait notre singularité. Nous ne sommes pas anticapitalistes ou antifascistes ou anti quoi que ce soit, nous sommes anarchistes ! Si nous nous élevons contre l'exploitation économique, nous n'oublions pas non plus de dénoncer la domination étatique. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire qu'il suffirait de ne plus avoir de patrons pour ne plus avoir d'Etat. Car, au fond, ce que pensent ces nouveaux généraux en quête d'armée, c'est qu'il faut conquérir l'Etat pour se défaire du capitalisme. C'est le retour de la vieille illusion qui, de Lénine à Mitterrand en passant par Castro ou Chavez, n'en finit pas d'accumuler les démentis et, plus grave, de discréditer l'idée même d'un changement social.
Nous sommes d'accord avec les dirigeants de ce futur parti : la conquête de l'Etat nécessite une organisation structurée efficace et disciplinée ! Mais ce sera sans nous. Les anarchistes ont payé par le passé un trop lourd tribut à ce genre de conception pour s'y fourvoyer.
Les divergences entre la LCR et les anarchistes ne sont donc pas seulement idéologiques ; elles se retrouvent dans les finalités mêmes des combats où nous sommes souvent amenés à côtoyer les militants trotskistes. Notre démarche y est résolument tournée vers l'autonomie des individus et l'autogestion des mouvements sociaux en lutte. Nous ne voulons pas de parti qui parle et agit en notre nom, pour mieux institutionnaliser nos aspirations, dans des mécanismes dont la seule fonction est de gérer l'intolérable capitaliste et étatique. En outre, nous savons le prix des trahisons et des renoncements politiques autant que syndicaux. C'est bien pour cela aussi que les stratégies de prise de pouvoir nous laissent froids, car l'essentiel est ailleurs : il est de réhabiliter l'idée, le projet et les pratiques révolutionnaires, de faire naître et durer les oppositions aux capitalistes et aux gestionnaires de l'Etat et de ses rouages, de fédérer les secteurs de la société qui sont en lutte, à partir de modalités porteuses d'émancipation individuelle et collective, pour aujourd'hui et pour demain. Et, surtout, loin des écuries électorales.

En conclusion

Nous pensons que la rupture ne peut arriver que par l'auto-organisation des luttes. Pour cela, il faut chercher et construire des alternatives autogestionnaires. Celles-ci doivent être anticapitalistes et tendre à nous émanciper des tutelles institutionnelles qui, sous le manteau de la social-démocratie, participent à la gestion d'un système qui ne profite qu'aux puissants et à leurs complices. Les anarchistes ont été et sont toujours acteurs de ces alternatives dans les champs syndical, culturel, pédagogique, féministe, associatif, écologique. Nous continuerons à rencontrer dans ces diverses luttes des militants du futur NPA – s'il voit le jour – quand ils ne seront pas, malheureusement, accaparés par des tâches politiciennes. Et si nous ne devons pas faire l'économie d'un examen critique de nos cultures, de nos organisations, de nos pratiques, de nos partenariats, etc., il est certain que nous ne gaspillerons pas nos efforts à construire le NPA.

Publié dans le Monde libertaire n°1506 du 28 février 2008

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Pourquoi les anarchistes ne votent pas.

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  • Les anarchistes refusent de remettre leur vie,leur famille, leur avenir entre les les mains d'un homme ou d'une femme, d'une poignée d'hommes ou femmes qui décideront en maître ce qui est bon ou mauvais pour le peuple.

  • Les anarchistes refusent de se choisir un maître qui lui-même est le valet du capitalisme, des multi-nationales, d'une banque centrale.

  • Les anarchistes refusent de voter pour un gouvernement qui prélèvera 53 % du PIB c'est-à-dire plus de 6 mois de salaire en impôts, taxes et redevances servant à financer les structures capitalistes plus que le bien public.

  • Les anarchistes refusent d'obéir à des lois faites par une minorité pour asservir, contraindre, obliger, humilier la population qui l'a plébiscitée.

  • Les anarchistes refusent de voter pour des déments capables de déclarer des guerres saintes ou des croisades, mêlant leurs dieux et leurs profits.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui traquent les enfants dans les écoles sous prétexte de papiers.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui entretiennent les discriminations : racistes, sexistes, homophobes, alimentant la haine chez les humains.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui entretiennent la misère, la peur, l'insécurité, afin de pouvoir renforcer et justifier leur état policier.

  • Les anarchistes refusent de voter pour les destructeurs de la planète qu'ils ont sacrifiée au profit.

Les anarchistes VOTENT dans les associations à pratique LIBERTAIRES où les décisions ont été  discutées et acceptées par tous ; à ce moment, ils désignent un mandaté qui sera chargé de conduire à bonne fin leurs projets ou leurs décisions, dans la stricte limite de son mandat.

Les anarchistes ne sont pas contre le vote mais contre la délégation de pouvoir.


Les anarchistes ne votent pas dans et pour ce système, ils refusent de choisir leur laisse et leur collier.


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Après les élections présidentielles, ils ont voté, nous continuons

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Après les élections présidentielles, ils ont voté, nous continuons ! (samedi 12 mai 2007)

Depuis le 6 mai, nous connaissons le visage de notre nouvel ennemi. Il ne nous est pas inconnu, nous l'avons pratiqué comme ministre ces cinq dernières années. La politique qu'il va mettre en œuvre sera dans tous ses aspects un programme de régression sociale, de restriction des libertés et de brutalité de l'appareil d'état contre la population. Face à ceux qui se sont enchaînés les mains dans l'appel au vote, nous rejetons la légitimité de ce pouvoir et appelons à la résistance.

Face aux agressions à venir, organisons-nous !

Ainsi donc, voilà Sarkozy. D'emblée, le ton est donné : alors que le futur président s'en va se dorer la pilule sur un yacht appartenant au financeur attitré du Front National, Bolloré, des violences urbaines émaillent le retour à l'ouate post-électorale. Jamais un tel déploiement policier n'avait été observé pour le soir d'une élection... c'est dire la confiance qu'ont les dirigeants en la légitimité qu'ils tirent de leur système pourri. Bien sûr, ces actes peuvent sembler stériles, désespérés. Ils ne sont cependant que la réponse de révolte face à la violence du pouvoir, brutalité passée mais aussi à venir. D'ailleurs, la résistance, certes sporadique, commence à éclore : l'université de Tolbiac bloquée en protestation aux futurs actes du Sarkozy, sabotages à Aulnay...
Nous, anarchistes, avons toujours dénoncé le mécanisme électoral comme étant la mise en place de ses propres ennemis par la population politiquement abêtie. Et nous continuons : la crétinerie politique de ces semaines électorales et de son résultat ne fait que nous confirmer dans notre analyse. La royale et l'impériale nous ont soi disant écoutés, entendus, analysés. Ils nous ont gavés avec leurs discours réactionnaires. Et maintenant voudraient, tout naturellement, que nous fermions notre gueule jusqu'à la prochaine échéance électorale. Nous ne nous laisserons pas faire.
La résistance doit s'organiser. Point de salut dans les urnes, qui excluent la population de la scène politique. Nous devons refaire irruption sur la scène politique, en permanence, à chaque coup porté par la bourgeoisie. La résistance va être rude : la police est devenue, ces dernières années, une bande armée indépendante de tout contrôle. Elle ne se trompe pas sur ses ennemis : mercredi, le commissariat de Clignancourt s'est offert un tabassage d'anarchistes suite à une manifestation anti-fasciste interdite. Coups et blessures, insultes, humiliations, le bilan de la soirée témoigne de la vraie nature de la police. Si on écoute les infos de ce samedi matin, on est visiblement mieux traité dans un camp taliban que dans un commissariat parisien.
Sarkozy l'a confirmé au cours de sa campagne : " Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore. " Rigolard le crétin. Nous, les faibles, ça ne nous fait pas rire. D'ailleurs nous comptons bien lui faire passer son petit sourire sarcastique au nouveau maître de la nation.
Les grands chantiers seront lancés : interdiction du droit de grève via le service minimum ; liquidation des étrangers et racisme d'état ; application du PRESS, véritable privatisation de l'université, d'ici l'été ; augmentation du temps de travail et primes au mérite généralisées ; augmentation de l'arsenal carcéral et judiciaire, particulièrement contre les mineurs ; liquidation des retraites ; surexploitation de la jeunesse et des travailleurs cinquantenaires ; organisation de la médecine socialement discriminatoire.
Ce retour au 19e siècle, agrémenté des bonnes idées de 41-45, nous devons être partout pour l'empêcher. Et nous le pouvons. Les générations précédentes ont su de haute lutte conquérir de meilleures conditions d'existence ; nous devons continuer le combat, pour défendre nos droits actuels, en conquérir de nouveaux et renverser ce régime pourri. Ne sombrons pas dans l'illusion malsaine d'une défaite électorale. Les élections, quelqu'en aurait été le résultat, n'auraient pas pu constituer une quelconque victoire. Seule notre mobilisation, dans la rue, dans l'organisation permanente contre l'exploitation, nous rendra victorieux. Nous appelons donc à ce que partout se constituent des formes contre-institutionnelles de résistance et de conquête. Dans les écoles, les usines, les bureaux, les facs et les quartiers, nous appelons à l'organisation de la population et à la lutte sans relâche contre le gouvernement et le patronat.

Le pouvoir tremble quand nous sommes dans la rue.


Faisons-le s'effondrer de peur.


Ensemble, organisons la résistance !


Fédération anarchiste
le 11 mai 2007

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La mascarade du "camarade" Bové

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/jeudi 15 mars 2007 site du groupe nada de Toulon

Franchement, José Bové prend ses électeurs potentiels pour des billes. Après une déclaration du très sécuritaire Julien Dray, équivalent PS de Sarkozy, potentiel futur ministre tout en muscles de l'Intérieur, affirmant son opposition à une présence de Bové à l'élection, ce dernier a répliqué : « De quel droit peut-on empêcher un citoyen d'être candidat ? C'est en plus idiot. La force de notre mouvement est de réveiller des électeurs de gauche qui ont pris l'habitude de ne plus aller voter. Pour le second tour, c'est de ces électeurs-là dont la gauche aura besoin » (« “De quel droit peut-on empêcher un citoyen d'être candidat ?” », Pierre Daum, LIBERATION.FR, 15/3/2007)

C'était donc ça, l'« alter-candidature » du Bové, racoler l'abstentionniste pour aller offrir son scalp à la mère Ségolène. Ramasse-miettes pour le PS. Quelle bouffonnerie !

Oliv. groupe Nada de Toulon

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Voter pour rien ( ou presque )

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« Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre » Santayana


« Il faut voter car Hitler est arrivé au pouvoir par les élections » entend-on souvent affirmer par ceux qui veulent nous persuader de participer au carnaval électoral. L'argument serait de poids s'il ne reposait sur une falsification historique.
Voyons comment Hitler devint chancelier avec moins d'un tiers des suffrages ...

Les dernières élections libres sous la République de Weimar, le 6 novembre 1932, donnèrent 33,1% des suffrages exprimés au parti nazi (NSDAP), soit 26,7% des inscrits. Trois mois plus tard, le 30 janvier 1933, le président Hindenburg appelait Hitler à la chancellerie en lui promettant les pleins pouvoirs.
Rien n'obligeait le maréchal von Hindenburg, monarchiste et grand propriétaire terrien, à confier les commandes de l'Etat allemand à celui qu'il appelait dédaigneusement « le caporal de Bohème ». Pourquoi lui accorder quand il était affaibli ce qu'on lui avait refusé quatre mois auparavant alors qu'il se trouvait en position de force ? Le NSDAP venait en effet de perdre, le 6 novembre, plus de 2 millions de voix et 34 sièges de députés par rapport aux élections du 31 juillet, où il avait recueilli 37,4% des suffrages exprimés (31,5% des inscrits), le score le plus élevé jamais atteint par les hitlériens dans des élections libres. Désormais, le temps jouait contre les nazis. Les électeurs qui les avaient rejoints en juillet et leur avaient fait défaut en novembre ne reviendraient pas. Ils n'avaient pas voté NSDAP par conviction mais par rejet du « système » de Weimar. Voulant voir si Hitler au gouvernement tiendrait les promesses mirifiques de ses campagnes électorales – personne ne pensait alors qu'il mettrait en pratique ce qu'il avait écrit dix ans auparavant dans Mein Kampf – ils avaient été déçus que le Führer national-socialiste refuse la vice-présidence d'un gouvernement conservateur (Hitler exigeait la chancellerie, plus les pleins pouvoirs). Les militants « bruns », en permanence sur la brèche depuis Trois ans, commençaient eux-aussi à se décourager ; des tensions apparaissaient dans le parti et la SA où la contestation montait contre la stratégie électorale et le leadership même de Hitler. Beaucoup se demandaient s'il n'était pas au fond un velléitaire incapable d'assumer la responsabilité du pouvoir. Les financiers des nazis, lassés de les subventionner à fonds perdus, reportaient prébendes sur les partis conservateurs traditionnels qui soutenaient le gouvernement von Papen. Les caisses du NSDAP étaient à sec, incapables de subvenir aux énormes besoins du parti national-socialiste.
Plus inquiétant encore pour Hitler et ses comparses, l'économie mondiale donnait des signes de reprise, après trois ans d'une dépression qui avait plongé les classes populaires allemandes dans une misère noire. Or le succès électoral des nazis n'était venu qu'qu'avec la crise et le chômage de masse. Marginalisé, réduit à 2,6% des suffrages en 1928, le parti national-socialiste aurait continué à végéter si les conséquences du krach boursier déclenché le jeudi 24 octobre 1929 à Wall Street n'avaient entraîné l'économie allemande, endettée pour payer les réparations de guerre, dans une interminable récession. Mais, dès septembre 1932, les experts avaient annoncé la sortie du tunnel : dans quelques mois la reprise d'activité entraînant la baisse du chômage remettrait l'Allemagne sur la voie de la croissance.
S'il était resté écarté du pouvoir encore six mois, le mouvement hitlérien, privé de son terreau, aurait explosé.

Le calcul cynique des conservateurs allemands

La prise de pouvoir de Hitler ne doit donc rien au vote et tout aux conservateurs allemands, antisémites, ennemis de la démocratie, bellicistes, qui l'ont délibérément hissé aux commandes de l'Etat par un calcul qu'ils croyaient machiavélique. Von Papen et la camarilla des hobereaux qui gouvernait le cerveau sénile du vieil Hindenburg ont pensé qu'un Hitler électoralement affaibli serait plus facile à contrôler. Pis : sachant fort bien que le mouvement nazi ne survivrait pas à la baisse du chômage, ils se sont hâtés de le mettre en selle pour qu'il détruise la république avant la reprise économique ne la sauve. Persuadés qu'ils sauraient « encadrer » l'autodidacte inculte et l'évincer avec l'aide de l'armée une fois sa mission accomplie, ils comptaient s'appuyer sur la base populaire du NSDAP et sur la puissante SA pour se débarrasser des « marxistes » et de la démocratie parlementaire, avant de restaurer la monarchie.
Sitôt au pouvoir, Hitler obtint de Hindenburg de nouvelles élections au Reichstag car il avait besoin que les deux tiers des parlementaires lui votent les pleins pouvoirs. Cependant, malgré la terreur que faisaient régner les miliciens bruns, malgré le démantèlement du parti communiste après l'incendie du Reichstag, malgré les violences contre les candidats et les électeurs de gauche et du centre, malgré les fraudes, le NSDAP n'obtint même pas la majorité des voix (L'élection des députés sous Weimar se faisait à la stricte proportionnelle, avec un quota de voix par siège, et le nombre d'élus variait donc en fonction des suffrages exprimés.). Il fallut l'invalidation anticonstitutionnelle des députés communistes et un tour de passe-passe parlementaire mené avec la complicité des conservateurs et de Hindenburg pour que le Führer nazi obtienne enfin les pleins pouvoirs que lui avait refusés le peuple. La droite allemande venait de donner à Hitler les moyens de mettre en oeuvre le programme de Mein Kampf. On connaît la suite.

Les bourgeois, plus malins que les nazis

Hitler n'a pas été élu. Von Papen l'a installé au pouvoir avec l'assentiment des militaires, contre la volonté de la majorité des allemands, et le Führer nazi s'est ensuite servi de la Constitution démocratique de Weimar pour détruire la démocratie. La montée en puissance du mouvement hitlérien dans l'opinion a été la conséquence de la crise économique,mais la dictature hitlérienne a résulté d'un choix délibéré des politiciens conservateurs au service de la bourgeoisie et des grands propriétaires terriens. La plupart des historiens réfutent la filiation entre le capitalisme et le nazisme au prétexte que, pour le dictateur nazi, l'économie n'était qu'un outil de la politique menée par l'état, et non l'inverse. C'est oublier que les représentants de la bourgeoisie ont offert le pouvoir à Hitler par calcul politique, pour préserver le capitalisme et leurs intérêts de classe.  Qu'ils se soient en partie trompés sur ses intentions et ses capacités n'y change rien.
Le nazisme ne déçut pas les actionnaires et les dirigeants d'entreprise : l'écrasement de la menace marxiste, la suppression des syndicats ouvriers et de tous les droits des travailleurs, le plafonnement du salaire horaire et l'allongement du temps de travail, la mise en oeuvre des grands programmes favorisant les groupes industriels, la possibilité de racheter à bas prix les affaires des concurrents juifs, toutes ces mesures conjuguées provoquèrent une hausse spectaculaire des profits. Entre 1932 et 1938, alors que le nombre des salariés avait augmenté avec la baisse du chômage, la part des salaires dans le revenu national avait régressé, de 56,9% à 53,6%. Dans le même temps, celle des revenus du capital était passé de 17,4% à 27,6%, soit une augmentation de 146%, tandis que que les prélèvements fiscaux sur les profits industriels avaient diminué. Les avantages pour la bourgeoisie d'affaires de la politique économique hitlérienne compensaient donc très largement les inconvénients de la bureaucratie et du dirigisme.  Les grandes entreprises industrielles et leurs actionnaires réalisèrent des gains considérables d'abord grâce au servage que les nazis imposèrent à la classe ouvrière, puis dans le cadre de la politique de réarmement, ensuite en profitant du pillage des pays occupés, et enfin en exploitant la main d'oeuvre à bon marché constituée par les prisonniers, travailleurs forcés et les déportés. On sait comment des firmes comme Krupp et IG Farben utilisaient la main d'oeuvre des camps de concentration – IG Farben fournissait en prime le Zyklon B pour les chambres à gaz – et comment le camp d'Auschwitz était environné d'entreprises venues en profiter.
Après la guerre, les industriels et les politiciens conservateurs, plus malins en définitive que les nazis, réussirent à tirer leur épingle du jeu. A Nuremberg, quelques patrons furent condamnés à de légères peines de prison (1 à 8 ans), et von Papen, qui avait installé Hitler au pouvoir, fut acquitté, tout comme Schacht, ancien président de la Reichsbank sous Weimar, ministre de l'Économie de Hitler de 1933 à 1936, et responsable de l'organisation de l'économie de guerre qui permit au IIIème Reich de se lancer dans une guerre mondiale génocidaire.

Ni dupes ni soumis

Aujourd'hui, la bourgeoisie contrôle la démocratie représentative grâce à son emprise quasi totale sur l'économie et les médias, mais elle s'en est débarrassée sans hésiter dans le passé chaque fois qu'elle a senti ses intérêts menacés (Allemagne 1933, Espagne 1936, Chili 1973 ...) et elle recommencera si nécessaire. Peut-être le verra-t-on bientôt avec la crise environnementale qui se prépare. Pour l'instant, le capitalisme mondialisé ne veut pas entendre parler de remettre en cause la croissance responsable du désastre annoncé : le profit avant tout. Mais gare : lorsque la crise frappera, l'oligarchie mondiale ne reculera devant aucun moyen pour préserver sa domination de classe et faire supporter aux seuls travailleurs le poids de la reconversion économique imposée par le péril écologique. Si elle a besoin  pour cela d'instaurer un système totalitaire, elle ne nous demandera pas plus notre avis que la bourgeoisie allemande ne l'a demandé aux Allemands lorsqu'elle a offert le pouvoir absolu à Hitler, en 1933.
Non seulement les élections ne permettront jamais de renverser l'ordre établi mais, en entretenant cette illusion, elles détournent les électeurs du seul combat qui vaille : prendre son destin en main pour préparer la révolution.
Mais foin du dogme abstentionniste ! Le bulletin de vote reste un moyen parmi d'autres de se faire entendre, ni plus ni moins. Les ouvriers allemands ont su l'utiliser en 1934 lors des élections professionnelles organisées par le régime nazi, dont les résultats furent si catastrophiques qu'il n'osa même pas les proclamer. En mai 2005, avoir mis en minorité l'ensemble des « partis de gouvernement » en votant « non » à la Constitution européenne n'était pas non plus sans intérêt. Enfin que le maire de mon village soit un type intègre et sympathique plutôt qu'un notable corrompu ne peut me laisser indifférent. Les anarchistes ont d'ailleurs su ne pas appeler à l'abstention lorsque cela avait du sens. Ainsi la CNBT espagnole en février 1936. Mais nous n'oublions pas que, quelques mois plus tard, l'armée fasciste montait à l'assaut de la république.

François Roux, Monde libertaire n° 1465, février 2007

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Le cercle vicieux de la démocratie

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L'obligation morale de voter a historiquement fait l'objet d'un apprentissage tout à fait réussi de la part de la population. Accordé par le pouvoir, le droit de vote a été concédé progressivement et avec parcimonie. Il s'agissait pour les gouvernants de donner à la population des raisons d'adhérer au système politique  en instaurant l'illusion selon laquelle une élection périodique signifierait que le peuple se gouverne lui-même. Le résultat a été plus que positif pour le pouvoir, puisque s'est imposée peu à peu l'idée que le système représentatif pouvait être « démocratique », c'est-à-dire instituant le pouvoir du peuple.
Or, bien évidemment, si les élections permettent dans une certaine mesure de faire alterner les élites dirigeantes, elles n'ont jamais permis à quiconque de se rendre maître de sa propre destinée. Et comment pourrait-il en être autrement lorsqu'on en est réduit à désigner à intervalles réguliers ceux qui vont vous dominer ? L'attachement de la majorité de la population au suffrage est toutefois très forte, et beaucoup ne peuvent même pas envisager de renoncer à ce droit dont l'exercice n'amène pourtant pas de réel changement dans l'existence collective.  Le « devoir civique » est souvent si ancré dans les consciences que même les déceptions face aux changements de gouvernement n'apportant pas de modifications réelles ne parviennent pas à remettre en cause le fait de voter. Tout juste ces frustrations rendent-elles le choix politique plus difficile : pour quel parti voter lorsque aucun n'a l'air satisfaisant ou que tous ont montré leur inefficacité ?
Et lorsque l'on remet réellement en cause le système électoral pourvoyeur d'illusions, il reste encore un obstacle à l'abstention, seul outil pourtant capable de manifester notre volonté de nous organiser autrement : l'abstention ferait le jeu de l'extrême droite. Pire : ne pas voter, c'est voter FN. On a tous entendu ça. Mais ne pas voter si l'on est de gauche fait le jeu de la droite, et si on est de droite fait le jeu de la gauche. Tout ceci n'a pas de sens. Pas facile d'être libertaire quand tout le monde autour de vous vous assène constamment que votre intransigeance va précipiter l'arrivée au pouvoir du fascisme. Alors au nom de nos valeurs humanistes, devrions-nous cesser de défendre l'abstention et de revendiquer l'autogestion pour voter utile dès le premier tour ? Voter PS à chaque occasion pour barrer la route à Le Pen, ses amis et ceux qui le copient ... Il y a plus réjouissant comme perspective, et c'est pourtant ce que de nombreux citoyens, militants ou non, s'apprêtent à faire en 2007.
A ceux-ci, que répondre si ce n'est montrer l'absurdité d'un système qui se mord la queue : la démocratie représentative est une cercle vicieux. Nous autres, anarchistes, savons bien qu'il n'y a rien à attendre de l'alternative au pouvoir des partis de droite et de gauche pour établir une société de liberté réellement juste et égalitaire. D'autres le découvrent seulement maintenant et constatent que ni gauche ni droite n'ont fait  progresser l'être humain depuis l'invention des élections. La finance s'est renforcée, oui, mais quid des citoyens qui par leur vote ont cautionné la perpétuation de ce système inique ? Malheureusement, beaucoup des déçus de l'alternance, trop empêtrés qu'ils sont dans l'horizon prétendument indépassable de la représentation et des élections, ne peuvent envisager de solution que dans le vote pour un parti hors système, un parti extrême qui ferait une fois au pouvoir ce que tous les autres n'ont pas pu ou voulu faire. C'est la grande réussite du FN que d'avoir réussi à faire croire qu'il ferait différemment et mieux que les partis de gouvernement classiques. Le parti d'extrême droite est devenu un espoir de changement pour une trop large partie de la population. C'est la faillite du système représentatif qui a fait émerger des partis nationalistes et fascistes de type MNR, MPF ou FN. L'électoralisme n'aboutit qu'à l'asservissement de l'homme et l'enrichissement de ses dirigeants. Il fait en outre émerger des forces politiques qui sont une menace pour la liberté et la sûreté de chacun. Or, il faudrait voter, à nouveau, pour empêcher ces forces politiques d'arriver au pouvoir ! On voit bien le caractère insensé d'un système qui produit les pires maux de la société et se pose en même temps comme rempart contre eux.
Ne nous y trompons pas, le fascisme sera peut-être battu par les urnes, mais le système représentatif continuera à le faire triompher dans les esprits. Si nous ne rejetons pas les élections et que nous ne cherchons pas à nous organiser par nous-mêmes, le terreau de l'extrême droite continuera d'être favorable, et sans avoir au pouvoir le personnel de l'extrême droite, on aura, toujours plus, ses idées.
Face à la tentation fasciste et au vote résignation :

abstention, révolution, autogestion !


Romain Constant, groupe Louise-Michel de la Fédération anarchiste, Monde libertaire n° 1466-février 2007

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L'abstentionnisme, un acte politique

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Ne pas passer par les urnes, c'est s'inscrire dans une critique radicale de toutes les formes de pouvoirs.


Quotidien LIBERATION : mercredi 7 février 2007
Par Pierre Bance directeur de la publication de Droit et Société.


Peu importe que le président de la République soit de droite ou de gauche. Pour résister à l'hégémonie néolibérale, l'essentiel n'est pas de voter mais de lutter. Lutter contre le pouvoir, quel qu'il soit, car il corrompt les mieux intentionnés. Lutter pour l'émergence d'une société plus juste, plus libre et, pourquoi pas, égalitaire. Toutes les expériences socialistes de gouvernement, en France et ailleurs, sont des échecs au regard du socialisme. Ne parlons pas des dérives du communisme d'Etat. Quant à la gauche antilibérale, elle a montré combien les stratégies électoralistes sont destructrices de l'action collective.
Alors, faut-il rêver de prendre le pouvoir ou agir pour le rendre inutile , plutôt que de nous trouver en situation d'incapables majeurs pour avoir délégué notre autonomie de décision à un président, un député, un maire ? Tous incontrôlables et incontrôlés, utilisons nos intelligences et nos compétences multiples pour organiser les luttes économiques et sociales. «Agir au lieu d'élire» est un slogan qui fait son chemin partout dans le monde. Qui ne l'a compris, ici, avec la révolte contre le CPE menée par une foule certes peu structurée mais autonome et déterminée, derrière laquelle couraient politiciens et bureaucrates, toujours prêts à récupérer le mouvement, à négocier en son nom ! Au-delà de l'action au quotidien, par l'éducation, par la formation, par un fonctionnement et une pratique antiautoritaires, par une discipline collectivement voulue et respectée, le mouvement social organisé préparera une société sans exploitation qui remplacera, par la démocratie directe, la démocratie représentative ou sa doublure, la démocratie participative.
L'abstention politique n'a donc rien à voir avec la «démocratie impolitique» décrite par Pierre Rosanvallon. Pour beaucoup d'abstentionnistes, leur prise de position n'est pas une simple protestation mais s'inscrit, bien au contraire, dans un projet politique : celui d'une critique radicale de toutes les formes de pouvoir et de la construction d'un autre futur ne passant pas par les urnes.
Il est rassurant, et de l'ordre de la pensée unique, de mettre l'abstentionniste au rang de l'incivique, du populiste ou de l'utopiste, alors que, souvent il milite pour des causes autrement engageantes que de mettre un papier dans une boîte pour désigner, sur une longue période, un mandataire sans mandat. Est-il incivique de ne pas se résigner, de penser que l'on peut subvertir la société par sa propre activité sociale plutôt que se complaire dans la passivité électorale ?
L'irresponsabilité n'est-elle pas, par exemple, de faire croire aux jeunes des banlieues qu'ils trouveront la solution de leurs problèmes par le vote ? Est-il populiste de douter du parlementarisme ? Le populisme comme le fascisme se nourrissent toujours à la mamelle électorale. Est-il utopique de rêver encore de la Sociale ? Moins que de croire en un dieu, en un sauveur ou une sauveuse suprême ; pas plus que de se satisfaire d'une fiction de représentation pour vaincre l'injustice. Refuser d'exercer son droit de vote, c'est casser la légitimité du pouvoir fondée sur un épisodique lien électoral et affirmer sa souveraineté individuelle dans un avenir collectif.
Il y aura bientôt cent cinquante ans, la Première Internationale proclamait que l'émancipation des travailleurs serait l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes. Le mot d'ordre est toujours actuel, plus vrai encore. A travers la planète, les travailleurs victimes du capitalisme, comme la composante autogestionnaire du mouvement altermondialiste, ne pensent pas autrement quand ils entrent en résistance contre l'hégémonie néolibérale. Le capitalisme triomphant sera éternel si l'histoire se fossilise dans l'urne !

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En réponse à l'appel à voter José Bové de Michel Onfray et Yannis Youlountas


Communiqué commun de la FA, de la CGA et du GDALE
vendredi 9 février 2007


Il n'est pas de sauveur suprême !


L'hebdomadaire Politis daté du 1er février 2007 publie une tribune intitulée "Peut-on être libertaire et soutenir la candidature de José Bové ?" Cet appel aux libertaires cosigné par Michel Onfray et Yannis Youlountas entend nous convaincre d'accorder nos faveurs électorales au dernier candidat en date à la Présidence de la République, en l'occurrence le syndicaliste et médiatique José Bové.

La lecture de cet appel nous laisse perplexe et nous interroge, non pas que nous n'ayons jamais été conscient du potentiel déterminant de l'électorat libertaire, d'ailleurs ce n'est pas la première fois que l'on vient solliciter les suffrages libertaires mais plutôt sur la pertinence de la candidature de José Bové et surtout sur les stratégies et les finalités politiques qui en découlent.

En effet les libertaires n'ont pas l'habitude de voter. Ils ne défendent pas l'abstentionnisme en vertu d'une tradition ou d'un dogme quelconque, mais parce qu'ils militent pour une société où les décisions sont prises par tous plutôt que confiées à quelques spécialistes par une délégation de pouvoir. En tant qu'anarchistes nous privilégions la recherche du consensus, mais nous ne rejetons pas a priori le vote comme un moyen parmi d'autres de gérer la vie collective. Aussi, si nous exprimons avec une certaine constance notre refus d'élire et notre boycott des urnes, c'est d'abord que nous ne souhaitons ni encourager, ni légitimer l'escroquerie électorale et démocratique. Ensuite nous sommes convaincus que quelque soit le candidat élu et son programme, aussi courageux et sincère soit-il, il ne pourra s'attaquer concrètement et efficacement aux fondements mêmes de la société d'injustice et d'oppression.

A chaque échéance électorale, on nous promet le candidat du changement, de l'alternative, de la rupture et de la révolution... Alors que le battage médiatique et la surenchère démagogique atteignent des sommets, est-il vraiment nécessaire d'ajouter à la confusion et au bourrage de crâne au nom d'une hypothétique et incertaine urgence politique la candidature autoproclamée des luttes et des mouvements sociaux (d'autant plus que nous aurons une fois de plus droit aux candidatures de rassemblement des concurrents Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, et du lambertiste Gérard Schivardi).

Encore une fois nous constatons que la vieille chimère du prolongement politique et électoral des luttes sociales et de la transformation de la société par la prise du pouvoir étatique reste malheureusement bien vivace. Cette logique illusoire et dangereuse a le goût amer du déjà-vu : de la conception totalitaire marxiste-léniniste des Lénine et Mao, à la conception gestionnaire de la social-démocratie des Mitterrand et Blair en passant par des versions bâtardes des Lula et Chavez, toutes démontrent implacablement que toute volonté de transformer la société par la prise du pouvoir aboutit au mieux à la gestion tranquille du capitalisme, au pire à des dictatures tragiques.

Les anarchistes développent et luttent pour une conception toute différente de la transformation de la société actuelle qui s'oppose à la conquête du pouvoir tout autant par la violence que par les urnes et propose des perspectives concrètes d'organisation que sont l'autogestion, le fédéralisme et le communisme libertaire.

Les libertaires participent de toutes leurs forces aux mouvements de résistance et de transformation de la société, et ceci dans toute la diversité de leurs sensibilités et de leurs tendances qui les caractérisent et nous savons aussi dans les combats que nous menons nous associer et lutter en commun avec des non-libertaires. Pour autant, nous restons lucides et ne voulons pas nous retrouver instrumentalisés par des causes que nous ne cautionnons pas. Parmi celles-ci, aucune bonne raison ne nous convaincra de donner notre blanc-seing et notre soutien à une quelconque candidature à la magistrature suprême de l'appareil d'Etat d'autant plus que conformément aux déclarations de José Bové et Michel Onfray, ceux-ci appelleront de toute façon à voter pour la candidate du Parti socialiste au second tour des présidentielles.

Nous ne pouvons accepter de soutenir cette initiative trompeuse en contradiction avec notre conviction fondamentale que les moyens doivent être compatibles avec les fins et que la fin ne justifie pas les moyens. Aussi, nous nous impliquerons à notre manière dans cette campagne, en popularisant les concepts d'abstention active, révolutionnaire et libertaire, c'est à dire la promotion de l'action directe menée par les individus eux-mêmes dans une perspective de rupture avec cette société qui n'est pas réformable.

Le 9 février 2007,

Fédération anarchiste
http://www.federation-anarchiste.org/
relations-exterieures@federation-anarchiste.org

Coordination des groupes anarchistes
http://www.c-g-a.org/
relationsexterieures@c-g-a.org

Groupe des anarchistes de Lille et environs
http://lille.cybertaria.org/
1groupeanarlille@no-log.org


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POURQUOI LES ANARCHISTES NE VOTENT PAS

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  • Les anarchistes refusent de remettre leur vie,leur famille, leur avenir entre les les mains d'un homme ou d'une femme, d'une poignée d'hommes ou femmes qui décideront en maître ce qui est bon ou mauvais pour le peuple.

  • Les anarchistes refusent de se choisir un maître qui lui-même est le valet du capitalisme, des multi-nationales, d'une banque centrale.

  • Les anarchistes refusent de voter pour un gouvernement qui prélèvera 53 % du PIB c'est-à-dire plus de 6 mois de salaire en impôts, taxes et redevances servant à financer les structures capitalistes plus que le bien public.

  • Les anarchistes refusent d'obéir à des lois faite par une minorité pour asservir, contraindre, obliger, humilier la population qui l'a plébiscité.

  • Les anarchistes refusent de voter pour des déments capables de déclarer des guerres saintes ou des croisades, mêlant leurs dieux et leurs profits.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui traquent les enfants dans les écoles sous prétexte de papiers.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui entretiennent les discriminations: racistes, sexistes, homophobes, alimentant la haine chez les humains.

  • Les anarchistes refusent de voter pour ceux qui entretiennent la misère,la peur, l'insécurité, afin de pouvoir renforcer et justifier leur état policier.

  • Les anarchistes refusent de voter pour les destructeurs de la planète qu'ils ont sacrifiée au profit.

Les anarchistes VOTENT dans les associations à pratique LIBERTAIRES ou les décisions ont été  discutées et acceptées par tous ; à ce moment, ils désignent un mandaté qui sera chargé de conduire à bonne fin leurs projets ou leurs décisions, dans la stricte limite de son mandat.

Les anarchistes ne sont pas contre le vote mais contre la délégation de pouvoir.


Les anarchistes ne votent pas dans et pour ce système, ils refusent de choisir leur laisse et leur collier.


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Campagne unitaire anti-électorale des libertaires

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La campagne unitaire anti-électorale des libertaires regroupe:
la Fédération Anarchiste (FA);
la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA);
le Groupe des Anarchistes de Lille et des Environs (GDALE).

Cette campagne est ouverte à toutes les composantes du mouvement libertaire. Si vous souhaitez nous rejoindre, veuillez contacter une des organisations signataires en cliquant sur les liens ci-dessous :


Fédération anarchiste

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Groupe des Anarchistes de Lille et des Environs 


Campagne unitaire : Agir au lieu d'élire !

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De la grève des électeurs à la grève générale expropriatrice et autogestionnaire


Tous les cinq ans désormais, le grand cirque électoral s'installe dans le pays. Et l'année 2007 nous gâte particulièrement, puisqu'après nous avoir servi deux fois le couvert en avril et en mai afin de changer de chef, en l'occurrence, de président, les citoyens et citoyennes devront répéter leur devoir démocratique en prenant deux fois du rab pour élire leurs représentants à l'hémicycle.
Nom de dieu ! Quatre bulletins dans l'urne en l'espace de quelques semaines, et il se trouve des médisants pour râler que l'on nous confisque notre avis, que l'on nous vole notre souveraineté et nos libertés. Une trentaine d'hommes et de femmes candidats, du plus raciste au moins sérieux, des fausses têtes de gentils et des vrais gueules de méchants, un suspense insoutenable, des luttes fratricides, des éliminations sans pitié comme à Koh Lanta, et il se trouve encore des mécontents pour affirmer que la démocratie est un spectacle aliénant pour citoyens dociles. Des promesses en pagaille, des programmes en veux-tu en voilà, des lendemains qui chantent et il se trouve toujours des irréductibles pour affirmer que si les élections pouvaient changer cette société fondée sur l 'exploitation, l'oppression et l'ignorance, elles seraient interdites depuis longtemps.

La classe dominante peut dormir sur ses deux oreilles, c'est bien elle qui pendant des décennies a forgé et affiné le système électoral parlementaire. Celui-ci est construit sur la fiction de la représentativité censée illustrer la " volonté populaire " qui n'est rien d'autre que la volonté des puissants ! Ni partisans de la République, ni de la démocratie parlementaire, les anarchistes se battent au quotidien contre toute logique de délégation de pouvoir et d'abandon de souveraineté individuelle, contre toute forme de pouvoir et de gouvernement, pas pour son illusoire contrôle par les citoyens.

Pour les anarchistes, l'État n'est pas un outil neutre au service d'une politique plus ou moins sociale. Il est l'instrument de domination d'une minorité privilégiée sur l'immense majorité exploitée. Il est ainsi dangereusement illusoire de vouloir s'en emparer par la loi ou par la force pour espérer corriger les bases inégalitaires et hiérarchisées de la société. C'est là l'originalité et la différence fondamentale du courant libertaire avec les tendances autoritaires du socialisme : la social-démocratie et le marxisme-léninisme. La pratique réformiste liée à la participation gouvernementale aboutit systématiquement à une gestion libérale du capitalisme. La dictature du prolétariat a été incapable d'abolir la société de classes et a accouché de monstrueux Etats totalitaires. La lutte pour l'abolition du salariat est indissociable de la destruction du pouvoir étatique, c'est pourquoi les anarchistes refusent la conquête du pouvoir et boycottent les institutions étatiques et le système électoral qui en découle.

Notre abstentionnisme n'est ni une attitude de circonstance, ni une forme d'opportunisme et encore moins de l'irresponsabilité, il découle des principes intangibles de l'anarchisme : le refus de toute délégation de pouvoir et la promotion de l'action directe.

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Campagne unitaire : Ils ont voté, et puis après ...

Cliquez pour agrandir l'imageLes présidentielles de 2002  qui ont vu le duel escroc contre facho au second tour tourner sans surprise à l'avantage du premier, ont constitué un piège magistral. L'Union sacrée des partis politiques et d'une majorité du mouvement social et syndical pour voter Chirac et " sauver la République " a permis de concentrer dans les mains des représentants de la bourgeoisie un pouvoir exceptionnel dont elle ne s'est pas privé d'user et d'abuser d'autant plus que les législatives qui ont immédiatement suivi ont consacré la dictature du patronat en donnant la majorité absolue à l'UMP. Dès lors, les attaques antisociales se sont multipliées. La violence et le rythme de celles-ci, conjugués à la passivité des organisations syndicales, n'ont pas permis de résister efficacement aux mauvais coups du capital et du gouvernement : retraites, intermittents, sécurité sociale, lois sécuritaires contre les libertés publiques et lois racistes contre les sans-papiers, CNE, CPE … Ce n'est pas non plus la fausse victoire du " non " au référendum sur le traité de Constitution européenne qui a permis au mouvement social et syndical de se refaire une santé et de mettre un coup d'arrêt aux attaques du gouvernement, bien au contraire. Les élections comme les référendums, quand ils ne tuent pas dans l'œuf tout développement d'un mouvement social autonome, sont contre-productifs et nocifs pour les luttes sociales.

Les abstentionnistes ont toujours été voués aux gémonies. Quand on ne leur reproche pas d'être de dangereux irresponsables, on les accuse de faire le jeu du patronat et de l'extrême-droite ! Les élections n'ont jamais barré la route au fascisme et très souvent, le vote a légitimé les pires canailles. Hitler et Mussolini sont parvenus au pouvoir par les urnes et c'est la Chambre des députés qui a investi Pétain des pleins pouvoirs. Les anarchistes dénoncent les barricades de bulletins de vote comme totalement illusoires.

Nous considérons comme seul rempart efficace au fascisme, l'action directe pour la conquête d'une réelle égalité économique et sociale ainsi que le combat quotidien contre toutes les formes d'autoritarisme et d'oppression raciste, sexiste, patriarcale…


µµLes libertaires se battront donc sur le terrain qui est le leur : dans la rue, dans les lycées, les facultés et sur leur lieux de travail, pas dans les urnes, ni sur les bancs du parlement ! Les anarchistes entendent, par le développement des pratiques et des idées libertaires dans le mouvement social et syndical, s'opposer à la logique de délégation de pouvoir et à l'électoralisme. Nous voulons établir une véritable démocratie directe, une démocratie à la base, issue des luttes et fondée sur des mandatements impératifs, le contrôle et la révocabilité des mandatés. **

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Campagne unitaire : Seule la lutte paie !

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Le mouvement dit " anti-CPE " du printemps dernier a, une fois de plus, démontré que seule la lutte payait. A la suite des émeutes de banlieues de l'automne 2005, ce mouvement a mis en lumière des modes d'organisation, basés sur des assemblées générales souveraines et décisionnelles, des occupations et des blocages de l'économie se sont développés. Ils préfigurent les luttes de demain et même une nouvelle façon d'appréhender l'organisation sociale. Par ces recours à des formes d'action directe, les jeunes et les moins jeunes renouent avec les principes et les pratiques de la lutte collective initiés, il y a 100 ans par la Charte d'Amiens, et mis en œuvre, notamment lors des grèves et occupations de 1936.

En ces temps, où l'on veut nous convaincre que la démocratie libérale constitue l'horizon indépassable de l'Humanité… Alors que la gauche, les communistes, l'extrême-gauche intègrent le jeu démocratique et les institutions républicaines qui pérennisent et renforcent la domination capitaliste… A l'heure où le mouvement social et syndical, peinant à (re)trouver le chemin de la résistance et de la contre-offensive, est à (re)construire… Il importe aux militants révolutionnaires et à leurs organisations de lutter contre toutes les logiques de médiations de classes ainsi que contre les mystifications électorales de toutes sortes qui pourraient détourner les travailleurs de la construction d'un véritable rapport de force et éloigner toute perspective de rupture.

Offrir un point d'appui aux individus conscients, tenir un cap anarchiste et révolutionnaire en cette période complexe et difficile, telle est la tâche que se fixe la campagne unitaire anti-électorale des libertaires dont vous tenez dans les mains le premier travail commun.

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Campagne unitaire : Parti, avant-garde, leader ...

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Il n'est pas de sauveur suprême : sauvons nous nous-mêmes !

Les libertaires appellent donc à nouveau à l'action directe individuelle et collective que l'on pourrait résumer par : " agir au lieu d'élire ", et qui se traduit pratiquement par l'abstention active et révolutionnaire.
L'esprit du congrès de St-Imier (1872), événement fondateur de l'anarchisme ouvrier et de l'internationalisme prolétarien reste plus que jamais d'actualité et nous rappelle que " ... la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat " et que " ... repoussant tout compromis pour arriver à l'accomplissement de la révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l'action révolutionnaire ".

En 2007, nous n'irons pas voter !


Julien - Rouen

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Campagne unitaire : Quand la gauche essayait ...

1945 :

la gauche met au pas la classe ouvrière " La grève, c'est l'arme des trusts. ", dira Maurice Thorez.

1947-1950 :

la gauche réprime violemment le mouvement ouvrier, sous la férule de Jules Moch, créateur socialiste des CRS (2000 licenciements punitifs dans les mines en 1948).

1956 :

la gauche envoie le contingent " pacifier " l'Algérie. Puis, curieusement, le peuple cesse d'élire la gauche jusqu'en 1981.

1981

Date à laquelle l'œuvre de " progrès " reprend : casse de la sidérurgie, des charbonnages, des régions entières sinistrées, chômage de masse, bref, gestion de la crise du capitalisme aux dépens de la classe prolétaire. C'est l'époque aussi des Bernard Tapie et autres " golden boys " affairistes et rentiers, de l'explosion des profits boursiers et immobiliers.
Depuis, on ne peut plus vraiment parler de gauche au pouvoir : sa tâche historique accomplie, l'éradication de la classe ouvrière comme force collective, la gauche n'est plus qu'une droite " light ", identique de plus en plus dans le contenu comme dans l'emballage.

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Campagne unitaire : Anniversaires

Cliquez pour agrandir l'imageOn célèbre ces temps-ci deux anniversaires. Celui de la Charte d'Amiens (1906) et celui du Front populaire. Le congrès syndical d'Amiens posa clairement comme principe l'autonomie du mouvement ouvrier et son autosuffisance. Il lui donna comme tâche non seulement d'améliorer les conditions de vie immédiates des travailleurs, mais aussi de transformer radicalement le monde, d'en finir avec la condition ouvrière, avec le salariat et le patronat. Ce programme, il entend le mener à bien grâce aux seules organisations de classe du prolétariat.

Quel recul en trente années ! Le Front populaire de 1936, qui reçoit une adhésion massive des travailleurs, est une coalition électorale regroupant des staliniens pur sucre, des socialistes bon teint et des " radicaux ", centristes mous. C'est entre les mains de ces politiciens interlopes que se remet, tout entier, le mouvement ouvrier. Les quelques améliorations immédiates obtenues le sont par l'action directe et la grève générale. Le reste : le lâchage indigne des républicains espagnols, la fusillade de Clichy (1).

Et, un siècle après Amiens, la dégringolade a continué jusqu'à la fange actuelle : la classe ouvrière n'existe plus sur le champ parlementaire, plus personne ne désire même la représenter. Elle a tout bonnement disparu /en tant que classe/ de la scène politique. Ce dont nous nous réjouirions si c'était pour s'imposer dans la lutte économique et révolutionnaire, mais ce n'est, hélas, pas le cas.

La faute à qui ? Aux politiciens qui, d'illusions en désillusions, de tromperie en coups de poignards dans le dos, l'on conduite à l'apathie et la résignation. Bien sûr. Mais ils n'auraient pas si bien accompli leur œuvre corruptrice, si la masse même des travailleurs n'avait pas consenti ou même approuvé. La tentation de la voie facile, du raccourci magique qui épargnera la besogne, et, pour tout dire, le désir frileux que rien ne change, la résignation à rester humble - mais digne ! -, la révérence envers l'ordre établi, l'égoïsme cynique, tout cela existe dans la classe ouvrière autant et plus que le désir de transformation sociale. Mais ce conservatisme, dont la politique élective est l'expression,  n'aboutit qu'à une chose : maintenir en place un système dont nous sommes les soutiers.

On pourrait multiplier les exemples de " trahison " - les unes graves, les autres impardonnables - dont se rendirent, et se rendront encore, systématiquement coupables tous les politiciens qui ont  prétendu ou prétendent parler en notre nom et agir à notre place. On pourrait étaler en un tapis gigantesque les griefs du peuple contre " ses " dirigeants. On pourrait faire une liste interminable des comptes qui se régleront un jour. Pour l'heure, une seule conclusion importe : il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de représentation réelle des intérêts des travailleurs dans les institutions de la république capitaliste.

Nous, les anarchistes, nous ne rejetons pas la politique républicaine seulement pour ce qu'elle représente de compromission avec un système qui est notre ennemi. Nous le faisons parce que nous savons, à la fois par l'expérience et par la théorie, que toute participation - minime comme l'inutile insertion d'un bulletin de vote dans une urne, ou plus grave comme d'encourager à voter pour l'un ou l'autre, ou, bien pis, pour nous-mêmes -, nous savons que toute participation donc, encourage la classe ouvrière dans son actuelle résignation.

Nous voulons reconstruire un mouvement ouvrier capable non seulement de gagner des améliorations immédiates, mais porteur aussi de la rupture avec la condition ouvrière, avec le salariat. Un tel mouvement, annonciateur et artisan du futur libre de l'humanité, ne pourra être qu'extraparlementaire, dégagé des combines ignobles des politiciens. Il deviendrait sans cela bientôt une machine à fabriquer des arrivistes, ce que sont tous les partis politiques. Refusons-leur notre aide, refusons de voter pour eux, qu'ils nous épargnent leurs très douteux services et aillent porter ailleurs leur gros appétit. Nous créerons, pour nous-mêmes, les outils de notre liberté.

Isaac Pierre - Ivry-sur-Seine

1.En mars 1937,
la police du Front populaire tire sur une manifestation ouvrière antifasciste. On relèvera 300 blessés, on enterrera cinq morts.


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Campagne unitaire : Désertons la mascarade électorale..


mais ne nous abstenons pas de lutter !


Nous refusons la mascarade électorale et la délégation de pouvoir parce que nous savons qu'il est possible d'organiser la société autrement, et que la transformation de la société passe par d'autres moyens. La délégation de pouvoir consiste à céder sa voix, son pouvoir de décision à une minorité. A accepter que celle-ci exerce le pouvoir et décide à notre place. Où est le " pouvoir du peuple " dans une telle mascarade ? Le seul " pouvoir " qui nous est alors laissé par les classes dominantes c'est celui de nous taire et d'obéir à des lois qui nous oppriment, et ce, ironie du sort, en notre nom !

A l'opposé, nous pensons que la seule démocratie réelle consiste à la démocratie des égaux, la démocratie directe où les décisions sont prises par l'ensemble des travailleuses et des travailleurs librement associé-e-s. Elle consiste à exproprier les actionnaires et le patronat et à gérer directement l'économie, pour la mettre au service de la collectivité et des besoins réels des travailleuses et travailleurs. A virer les politicien-ne-s et les patrons pour prendre les décisions collectives dans le cadre d'assemblées de quartier et d'entreprises, fédérées entre elles, comme l'ont fait les Espagnols  en 36-39 et comme ont essayé de le faire les Argentins lors de la crise de 2001 (plus de 200 usines récupérées et gérées directement par les travailleuses et travailleurs, sans patrons). A pratiquer le mandatement impératif, et révocable à tout moment, quand cela est nécessaire. A pratiquer la rotation des mandats. A prendre les décisions collectivement plutôt qu'à confier à une personne le pouvoir de décider à notre place. A garder un contrôle permanent sur les mandats, pour conserver notre pouvoir de décision, et garantir que les mandatés ne dépassent pas les termes de leurs mandats, définis collectivement. Pour cela, il nous faut reprendre aux dirigeants quels qu'ils soient (patron-ne-s, politicien-ne-s,...)  la parole, le contrôle sur nos vies, sur l'économie et l'organisation de la société.  Refuser toutes les hiérarchies et travailler à les liquider, pour que le mot " Egalité " ait enfin son sens réel. Pour cela, il nous faut nous saisir des luttes sociales, pour reprendre à nos exploiteurs ce qu'ils nous volent : le produit de notre travail, et notre pouvoir de décision sur nos vies et sur l'organisation de la société. C'est à travers ces luttes (sur les lieux de travail, le logement,...) au moyen de notre action directe (grève, occupation, boycott, sabotage...) sans intermédiaires élus ou autoproclamés  et aux pratiques d'entraide que nous construisons au quotidien (coopératives, lieux autogérés, comités de voisins, etc...) que nous créerons les éléments d'une rupture avec l'ordre inégalitaire qui nous est imposé.

En tant qu'anarchistes, nous nous abstenons de voter lors des élections. Parce que nous savons qu'il ne s'agit que de mascarades qui laissent intactes l'essentiel de la domination et de l'oppression dans cette société. Parce que nous savons que la bourgeoisie se contrefout de la couleur politique de ses valets. Ceux-ci ne sont que des pantins qui servent ses intérêts. Seule la méthode change.

Parce que nous refusons de déléguer notre pouvoir de décider à des spécialistes, élus ou auto proclamés, qui prétendent tous, " mieux " nous représenter, mais qui au fond ne serviront que leur propre intérêt, celui des classes dominantes, d'une minorité au pouvoir.

Le pouvoir et tout ceux qui y aspirent ont beau jeu de présenter les abstentionnistes comme des personnes qui se désintéressent de la politique, des questions qui touchent à la gestion de la société. Pour notre part c'est parce que nous refusons de nous abstenir de donner notre avis, décider, lutter et reprendre le contrôle de nos vies au quotidien que nous nous abstenons lors des mascarades électorales.

Les élections ont pour fonction de canaliser la colère sociale issue d'un système fondé sur la domination et la contrainte. Elle servent à légitimer un pouvoir qui nous contraint toutes et tous au nom d'une prétendue " souveraineté populaire ". Au nom de celle-ci, les politiciens nous confisquent la parole, mais aussi notre pouvoir de décision.

A l'opposé, nous pensons que c'est au quotidien, dans les rapports de force que nous créons face au pouvoir, que nous posons les jalons d'une transformation révolutionnaire de la société. Chaque fois que nous luttons par nous même, face aux patrons, à l'Etat ou à n'importe lequel de nos exploiteurs, nous contribuons à créer les conditions d'une transformation révolutionnaire de la société. Chaque fois que nous créons des solidarités avec d'autres exploité-e-s, nous sommes plus forts, parce que ce qui maintient les crapules qui nous gouvernent et nous exploitent au pouvoir, c'est ce qui nous divise : sexisme, racisme, homophobie...

Chaque lutte porte en elle les germes de rupture avec l'ordre établi, dès lors qu'elle est menée par les exploité-e-s de manière autonome, hors des récupérations et des instrumentalisations politiciennes des aspirant-e-s au pouvoir. Chaque nouvelle rupture ouvre la voie à un pas supplémentaire vers la transformation révolutionnaire de la société, quand nous prenons conscience de notre force collective, quand nous laissons tomber le fatalisme pour lutter ensemble, quand nous ne nous satisfaisons pas de ce que nous obtenons mais que nous nous appuyons sur les victoires partielles obtenues pour en construire d'autres, jusqu'à récupérer totalement ce qu'on nous vole. Le pire cauchemar des crapules qui nous exploitent et nous dominent, c'est que nous sortions de la résignation dans laquelle ils veulent nous enfermer.

Pour cela, il nous faut prendre en main directement nos destins et passer de la participation électorale ou de l'abstention passive à l'abstention active : agissons directement et sans attendre ! Seul-e-s face à l'urne ou chez soi, nous perdons. Uni-e-s dans la lutte, en préservant celle-ci loin des appétits politiciens, nous nous donnons les moyens de gagner !   

Sam - Seine-Saint-Denis

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Campagne unitaire : Le futur appartient à la DEMOCRATIE DIRECTE !


Au sens commun la notion de démocratie est souvent assimilée à la tenue régulière d'élections avec plusieurs candidats au suffrage universel. L'aspiration à plus de justice, d'égalité, de liberté est à la source du sentiment que la démocratie est une nécessité. Oui, mais voilà, les élections ne sont pas si libres qu'on leur en donne l'air et le suffrage n'est pas si universel que ça. Bon nombre de citoyens se posent de sérieuses questions et vont même jusqu'à se détourner des isoloirs, déçus par l'abyme qu'ils constatent entre la démocratie idéalisée et le spectacle offert par les bateleurs de la politique.
Le phénomène est pris au sérieux par les responsables des appareils politiques qui s'attachent sans relâche à redorer le blason de la machine électorale. Pour mythifier toujours plus la démocratie ils s'acharnent à mystifier l'électeur en lui vendant toujours plus de démocratie. Un des produits très à la mode depuis quelques années est la "démocratie participative" mise en avant par de plus en plus de municipalités soucieuses avant tout de capter et de fidéliser leurs électeurs. A grands renforts de sites web, on présente les forums, conseils et autres comités de quartiers organisés sous la houlette des conseils municipaux, régionaux ou généraux. Du conseil régional de Poitou-Charente aux comités de quartiers d'Ivry sur Seine ou de Dijon il s'agit de faire croire aux citoyens que ce sont eux qui décident. Il n'y a pas besoin de gratter beaucoup pour s'apercevoir qu'on ne fait que les consulter : au bout du compte ce sont toujours les élus qui décident et personne d'autre. Les lycéens de Poitou Charente ne doivent pas se faire d'illusion, Ségolène Royal et ses collègues ne les laisseront pas décider à leur place du budget des lycées et autres équipements collectifs... A Porto Alegre au Brésil, en République Dominicaine, au Venezuela c'est pareil : les pauvres sont associés à la gestion de leur propre misère et les décisions se prennent ailleurs, dans les palais gouvernementaux ou dans les bureaux des magnats du coin.
Alors démocratie participative ? Disons plutôt démocratie consultative...
La souveraineté du peuple, cette vertu emblématique de la démocratie, est foulée aux pieds par tous les élus qui, une fois qu'ils ont gagné leur siège, font ce que bon leur semble, tout en prenant soin de convaincre le citoyen qu'il a la chance de vivre sous un régime qui est la forme achevée de la démocratie : il n'y aura jamais mieux, c'est la fin de l'Histoire... Pour bien ancrer cette certitude, on endoctrine le futur citoyen au catéchisme de la République : éducation civique, conseils municipaux des enfants, conseils régionaux et généraux des jeunes. La propagande est servie dès le plus jeune âge.
Un peu d'observation, un peu de sens critique, font vite voir que le pouvoir au quotidien n'est pas dans les mains du peuple. Hors de tout contrôle citoyen, les Etats créent leurs institutions politico-économiques au sein desquelles se prennent les décisions à portée et à conséquences planétaires. L'ONU, l'OMC, l'OPEP, le G7, le G8 battent la mesure pour l'ensemble du globe terrestre sans rendre le moindre compte aux citoyens du monde. Les représentants des démocraties (des plus populaires aux plus libérales) et des dictatures (des plus molles aux plus féroces) s'y retrouvent et y fonctionnent la plupart du temps sans trop de gêne : le pouvoir adoucit les mœurs de ceux qui l'exercent...
Bien plus que le pouvoir politique, le pouvoir institutionnel régit nos vies. Les Etats et leurs gouvernements, le patronat s'appuient sur les institutions de coercition et d'aliénation telles que l'Armée, la Justice, la Police, les Religions, pour mener des politiques d'injustice sociale et d'exploitation. A ce niveau là, les élections ne représentent rien ou alors si peu…
Que feront donc en 2007 ceux qui ont voté Chirac pour barrer la route à Le Pen en 2002 ? Voteront-ils PS pour barrer la route à Sarkozy ? Sarkozy pour barrer la route à Le Pen ? Voilà à quelles lamentables alternatives nous mène notre démocratie représentative. Voilà à quels choix pitoyables se condamnent les acharnés du bulletin. En se rendant aux urnes ils ont déjà perdu ! ! !
Les capitalistes, les assoiffés de pouvoir, les fascistes le savent bien, eux qui participent de toutes les entreprises électorales, et passent le reste du temps à nous exploiter, à nous spolier, à nous aliéner, à nous agresser, … en toute impunité !
Alors quand nous lançons le slogan "  Agir au lieu d'élire ", il est question pour nous de replacer la "  politique " et la transformation sociale là où elles auraient toujours dû rester : dans les mains de celles et ceux qui en sont les véritables acteurs…
Jérôme - Toulouse

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Les anarchistes et les élections

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Contrairement à ce qui se dit ici ou là, les anarchistes sont extrêmement respectueux du droit de vote et des élections. Tellement qu'ils ne cessent de se battre pour que ce droit puisse s'exercer dans tous les domaines de la vie, dans les entreprises, dans les quartiers, à l'école, et jusque dans les recoins de la sphère privée. Qu'ils ne cessent de se bagarrer pour que ce droit ait les moyens économiques, financiers et politiques de s'exercer pleinement et égalitairement. Qu'ils ne cessent de clamer sur tous les toits que ce droit n'a de sens que s'il s'accompagne d'un mandatement précis et d'un contrôle permanent pouvant à déboucher à une révocabilité à tout moment.
Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres encore les anarchistes se refusent à cautionner cette caricature que sont les élections au royaume de la "démocratie" parlementaire.
Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres encore, ils ne se présentent pas à ces pseudo-élections et vous invitent régulièrement à les boycotter.
Pour toutes ces raisons... ils ont la faiblesse de croire que le plus court chemin menant à un droit de vote digne de ce nom et à des élections qui ne soient pas des pièges à cons, consiste aujourd'hui à agir plutôt qu'élire."

Fédération anarchiste

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Agir au lieu d'élire

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Les militants et militantes de la Fédération anarchiste, réunis en leur 63ème congrès à Merlieux les 3, 4 et 5 juin 2006, réaffirment leur ferme opposition à la soumission électorale. Texte d'orientation adopté à l'unanimité

Nous rejetons ce système dit représentatif de délégation de pouvoir sans contrôle réel (absence de mandats impératifs, contrôlables et révocables), intimement lié à l'exploitation capitaliste auquel il sert d'alibi.

Il importe aux anarchistes de lutter contre toute forme d'aliénation de l'autonomie des individus et contre toute médiation qui va à l'encontre des intérêts de la classe dominée et ce au moment où une campagne d'intoxication culpabilise ceux et celles qui refusent d'adhérer par un acte de délégation de pouvoir à un système républicain perpétuant l'injustice sociale sur laquelle il est basé.

Il importe également de lier ce combat à toutes les luttes d'émancipation, contre l'ordre sécuritaire et toutes les formes de domination.

Au-delà d'une position anti-électorale construite et confortée par des constats et analyses successifs tout au long de l'histoire, il nous semble crucial de réaffirmer cet engagement à un moment où sur des thèmes comme la sécurité, l'immigration, la famille... nous vivons la montée d'un discours réactionnaire transcendant le clivage gauche-droite. Face à ceci, aux côtés d'une campagne de sensibilisation sur cette dérive, il est important de refuser de cautionner un processus électoral qui se nourrit de ces discours et conforte l'exploitation capitaliste et l'oppression étatique, sources réelles des problèmes auxquels il prétend s'attaquer. Enfin, il nous faut plus que jamais dénoncer les mascarades électorales de tous types qui tuent dans l'œuf tout développement d'un mouvement social autonome.

Les anarchistes entendent, par le développement des pratiques et des idées libertaires dans le mouvement social et syndical s'opposer à cette logique de délégation de pouvoir.

Pour contrer l'argument récurrent voulant que le système représentatif, malgré tous ses défauts, est le seul moyen viable d'organisation, il est impératif d'opposer des alternatives concrètes et crédibles.

La Fédération anarchiste :

  • incite tous les exploité-e-s et opprimé-e-s à rejeter les illusions électorales et à opter pour l'action directe et sa coordination sur le mode fédéraliste ;

  • défend l'autonomie des luttes et des organisations du mouvement social contre les intérêts politiciens des partis ;

  • soutient toutes les expériences d'autogestion et de libre fédération permettant aux individus et groupes d'individus de se réapproprier localement la gestion de leurs communes, de leurs lieux de travail et de leurs environnements.

La généralisation des pratiques fédéralistes et autogestionnaires, permettant une véritable gestion collective, locale et globale de la société, constitue un cadre rendant possible la décroissance. Ce n'est qu'en laissant les individus décider eux-mêmes de l'utilité commune que l'on parviendra à construire une société respectueuse de l'être humain et de l'environnement.

La Fédération anarchiste s'associera aux actions des individus et organisations poursuivant le même but et développant les mêmes pratiques.

Motion au 63e Congrès de la Fédération anarchiste les 3-4-5 juin 2006 à Merlieux

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Un autre futur pour les quartiers

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mardi 6 février 2007

A la veille des élections, médias et politiciens nous disent qu'il est important de voter, que le vote serait une solution aux problèmes actuels. Pourtant, ils nous répètent aussi (quand cela les arrange) que les problèmes économiques sont d'ordre mondial et qu'ils n'y peuvent rien !

Quand faut-il les croire ? Quand ils nous disent que voter pour changer un gouvernement est important, ou bien que ce même gouvernement nous dit ensuite qu'il est impuissant face à la "mondialisation" (délocalisations, licenciements massifs, réchauffement de la planète, expulsions, guerres...) ?

C'est vrai : la précarité, la misère, les guerres ... ont des causes internationales, et les causes internationales ont un même point commun : le capitalisme.

Voter n'abolira pas le capitalisme. Voter sert à élire les maîtres d'un État qui nous fera subir les conséquences du capitalisme, un État dont le rôle est de nous faire supporter les injustices par la force, qui a le pouvoir de nous imposer toutes les choses qui nous révoltent.

Malgré cela, nombreux sont encore ceux qui se rendront aux urnes en pensant de bonne foi que cela changera quelque chose. Pour ceux-la, la désillusion n'en sera que plus amère. Quel que soit l'élu, il n'améliorera pas nos conditions de vie qui continueront à s'aggraver. Cela tout simplement parce que le capitalisme fait son profit de toute cette misère.

Tous ceux qui sont révoltés par cette situation d'atteinte permanente à notre liberté et à notre dignité verront qu'une fois de plus leur vote n'aura servi qu'à une chose : renforcer l'État, renforcer le pouvoir qui sera là pour combattre ceux qui voudront résister.

Plus les votants seront nombreux et plus le pouvoir sera fort.

Un bulletin de vote aujourd'hui, c'est un coup de matraque de plus demain. Chaque bulletin de vote de moins pour le pouvoir est un espoir de plus pour l'humanité.

Nous n'avons pas besoin d'un vote en France mais d'une révolution sociale dans le monde.

article pillé sur le site de la CNT-AIT.
Le site

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Candidat antilibéral de gauche : de la poudre aux yeux


La campagne électorale n'est pas commencée que les candidats se battent comme des chiffonniers pour récolter les 500 signatures d'élus qui donnent droit à se présenter à l'élection présidentielle de 2007.Les champions de l'altermondialisme (Bové, Besancenot, Buffet, Pocrain et Laguillier)  sont persuadés que les 55 % de vote " non " à la constitution européenne leurs appartiennent.
Tout d'abord, ils oublient qu'une moitié de ces 55 % votent à droite et extrême droite. Les candidats antilibéraux affirment main sur le cœur qu'ils ne veulent pas le pouvoir pour le pouvoir mais qu'ils cherchent à rassembler le camp des exploités et des exclus. Ils citent comme exemple à suivre Lulla, Chavez et Morales (respectivement présidents du Brésil, du Venezuela et de la Bolivie) Et bien quand on fait le bilan de ces 3 présidents, quelle déception ! Lulla avale des couleuvres libérales et n'a pas réduit les inégalités. Hugo Chavez veut rester président à vie, son règne prend une tournure totalitaire. Evo Morales après avoir nationalisé le secteur pétrogazier a reculé devant les gros yeux des multinationales. Pour prouver qu'il est inutile de voter pour le candidat altermondialiste , la logique électorale veut que le réflexe " vote utile " isolera  de toute manière le candidat radical qu'il soit d'extrême droite ou d'extrême gauche. Et quand bien même si José Bové ou consorts accède au 2ème tour, il y aurait une union PS-UDF-UMP pour lui barrer la route. Il y a une entente morale PS-UDF et UMP pour garder le pouvoir avec de fausses alternances.  Les dés sont pipés d'avance.
Pour le dimanche 22 avril tous les votes seront inutiles qu'ils soient fascistes, antimondialistes, écologistes, marxistes ou intégristes. Voter rapporte de l'argent au politicien alors que vous êtes déjà assez arnaqués comme ça. Le seul pouvoir qui existe maintenant c'est le marché qui a pour bras armé la Chine et les USA, les candidats fromages qui puent peuvent se rhabiller !
Les capitalistes et les rentiers ricanent encore de ces candidats clownesques qui ne sont que leurs marionnettes. Les libertaires  ne sont pas contre la démocratie à condition que  les mandats soient révocables et que la politique soit accessible à tout le monde et non aux initiés. Pour abolir le libéralisme, la seule possibilité c'est la grève générale (du travail, des impôts, du vote, et des factures) on ne peut faire confiance qu'au peuple et non aux professionnels charlatans de la politique qui se servent de la misère humaine pour acquérir et garder le pouvoir   

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matisco

Notre lutte contre les élections expliquée aux lycéens

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Ce texte a été volé sur le site de la CNT-AIT de Bayonne.

Les formules lapidaires contre les élections font partie de la dialectique des anarcho-syndicalistes et comme tous slogans sont un peu réducteurs et n'expliquent pas en quoi le système de démocratie indirecte pêche par manque de… démocratie.
 
Lorsque nous votons, nous remettons notre souveraineté pour un temps déterminé à une ou plusieurs personnes. Les élus sont considérés comme agissant selon notre volonté. L'erreur est là ! Durant ce laps de temps, ils sont incontrôlables par les électeurs, ils ne sont pas révocables ! Voter c'est donc abdiquer. La représentation induit la dépossession de soi. Un être dépossédé n'a plus aucun pouvoir, il n'est plus qu'un représenté et son rôle dans la démocratie s'arrête là. En confisquant le pouvoir à leur seul profit, les élus signifient de fait la fin de la démocratie (à l'inverse de la démocratie directe) et mettent en place les bases du système d'exploitation.

L'argument sensé justifier l'intégrité du système électoral (si l'élu fait des erreurs, on ne votera pas pour lui la prochaine fois.) est à peu près aussi incohérent que d'offrir un chèque ne blanc à un J.P. Foucault, promettant de faire le bonheur des gens à cette seule condition. Personne de normalement constitué ne peut objectivement faire confiance à une personne promettant de telles aberrations.

Historiquement (la subjectivité des cours scolaires est sur ce point significative : ce sont les vainqueurs qui " font " l'histoire), la révolution de 1789 est une révolution bourgeoise, il n'était au départ question que d'une monarchie parlementaire, la bourgeoisie souhaitant participer aux décisions politiques (elle était déjà détentrice du pouvoir économique). Il faudra attendre 1848 pour voir une élection au suffrage universel (sans les femmes). Avant fut expérimenté le suffrage censitaire, pour que le pouvoir politique reste sous l'emprise du pouvoir économique. L'élection de 1848 mit au pouvoir le représentant de la bourgeoisie de l'époque : Napoléon III. Ce dernier fera un coup d'état en 1851 et restera au pouvoir jusqu'en 1870(Bataille de Sedan). A la suite de cette défaite, Paris s'organisera en commune autogérée (détail succinctement abordé, dans les meilleurs cas, dans les livres d'histoire). Les Versaillais (Thiers……) et les Prussiens s'allieront (juste après s'être combattu) pour supprimer cette révolution sociale. Le pouvoir s'arrange toujours pour éviter de laisser le pouvoir au peuple. Aucun manuel d'histoire ne parle de kronstadt, de Makhno en Ukraine (opposé aux prussiens, puis aux bolcheviks pour cause d'organisation du peuple à la base) ou bien encore de la guerre d'Espagne où les dirigeants soviétiques préfèrent voir gagner les fascistes plutôt que de voir triompher une réelle révolution sociale.
 
Si vous êtes intéressés par ces faits, interrogez vos professeurs sur ces périodes significatives de l'histoire. Pour nous, il est important que chacun lutte contre toutes formes d'autorité, important aussi de s'organiser en Assemblée Générale Souveraine, c'est à dire que tout est discuté et décidé devant les individus formant l'assemblée. Et s'il s'agit de mandater des personnes, elles le sont sur un point précis et doivent rendre compte de leur efficacité devant l'assemblée. En cas d'échec elles sont révoques et d'autres sont mandatés s à leur place. Ce que ne fera jamais une démocratie représentative.
 
On ne nous donnera jamais la liberté, elle ne viendra que de nous tous.

Alors un seul mot d'ordre : DÉMOCRATIE DIRECTE.

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EN 1932, à Barcelone, l'anarchiste Buenaventura Durruti disait ceci :

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"Les socialistes et les communistes disent que nous abstenir aux élections, c'est favoriser le fascisme, mais comme nous avons toujours dit que l'État est un instrument d'oppression au service d'une caste, nous restons fidèles à nous-mêmes. Et comme nous pensons que le mouvement de libération doit toujours faire face à l'état, voilà pourquoi nous prônons l'abstention électorale active. Active, c'est à dire que, tout en nous abstenant de la stupidité électorale, nous devons rester vigilants dans les lieux de production et dans la rue. Les vrais bandits, les vrais malfaiteurs, ce sont les politiciens qui ont besoin de tromper et d'endormir les ouvriers en leur promettant la semaine des quatre jeudis pour leur arracher un vote qui les porte au Parlement et leur permette de vivre en parasites de la sueur des ouvriers.
Lorsque nos camarades députés socialistes ont eux aussi uni leurs voix à cette cohorte d'eunuques, ils ont montré leur vrai visage. Car il y a de nombreuses années qu'ils ont cessé d'être des ouvriers, et par conséquent des socialistes. Ils vivent de leur activité de député.
Que les républicains socialistes le sachent : ou bien ils résolvent le problème social, ou bien c'est le peuple qui le résoudra. Nous pensons que la République ne peut pas le résoudre. Aussi, disons nous clairement à la classe ouvrière qu'il n'y a plus qu'un dilemme : ou mourir comme des esclaves modernes, ou vivre comme des hommes dignes, par la voie directe de la révolution sociale. Vous donc, ouvriers qui m'écoutez, sachez à quoi vous en tenir. C'est de vous que dépend le changement du cours de votre vie."

Quatre ans plus tard le 19 juillet 1936, les anarchistes espagnols, et parmi eux Durruti, barraient la route au coup d'état fasciste par les armes et par la révolution sociale, pendant ce temps les députés parlementaient...

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Un débat vieux d'un siècle

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jeudi 22 mai 1997

Les propositions modernistes de participation des libertaires aux élections parlementaires apparaissent périodiquement dans la mouvance libertaire.

Il y a deux manières de traiter ce genre d'interventions, — soit ne pas y répondre — en se disant que l'anarchisme organisé n'a rien à « foutre » de ces donneurs de leçons qui tous les 5/7 ans comme les autres politiques se réveillent au moment des élections pour sortir de leur inaction, — soit prendre sur son temps libre (dégagé du temps salarié et de son temps militant) pour répondre et répéter — de fait — ce qu'écrivait il y a cent ans, l'anarchiste Malatesta pour contrer son vieil ami Merlino devenu partisan de la présence anarchiste aux élections.

« Les anarchistes restent, comme toujours, des adversaires résolus du parlementarisme et de la tactique parlementaire... Adversaires de la lutte parlementaire, parce qu'ils pensent que loin de favoriser le développement de la conscience populaire, elle tend a déshabituer le peuple de s'occuper lui-même directement de ses propres intérêts et qu'elle est une école de servilisme pour les uns et de mensonges pour les autres. Nous pensons que la lutte électorale et parlementaire éduque au parlementarisme et qu'elle finit par transformer en parlementaristes ceux qui la pratiquent... Nous devons faire en sorte que les ouvriers s'habituent, dès maintenant et dans toute la mesure du possible, a régler eux-mêmes leurs propres affaires, dans les associations de différents types et non pas les encourager dans la tendance a s'en remettre aux autres. » [1]

Oui, déjà en 1897 des « modernistes » s'opposaient aux vieilles barbes, aux papes de l'anarchie. [2]

À ceux qui pensent que le contexte n'était pas le même, effectivement le contexte était différent : les socialistes (parlementaires) parlaient encore de Révolution et de socialisation des moyens de distribution et de production. Encore en 1908, au congrès de Toulouse du PS (SFIO), Jaurès déclarait : « Le parti socialiste, parti de la classe ouvrière et de la Révolution sociale, poursuit la conquête du pouvoir politique pour l'émancipation des prolétaires par la destruction du régime capitaliste et la suppression des classes ». [3] Aujourd'hui, ils s'efforcent de vaseliner le libéralisme.

Les seuls a parler d'égalité économique et sociale et a remettre en cause une économie de marché basée sur les profits et non sur les besoins de la population, restent les anars. Aussi en mettant de côté l'aspect disons « théorique » de l'abstentionnisme anarchiste, peut-on sérieusement penser qu'apparaître à la télévision juste après disons le Parti de la Loi Naturelle - ceux qui sont sponsorisés par Épeda/Lévitation - peut faire avancer la Cause de l'anarchisme ?

Notre présence continuelle dans les luttes, dans la rue, par la diffusion de nos tracts et la vente militante de nos journaux [4], sur les murs par nos affiches, sur les ondes des rares radios libres, ne serait-elle pas plus payante et respectueuse de l'adéquation fin et moyen. Bien sur, ce genre de démarche, sortir de sa tour d'ivoire, c'est moins reposant que d'aller voter e